Stade climatique· Les colonnes du temps
Eemien
130 ka → 115 ka
Le dernier interglaciaire avant le nôtre, plus chaud que le présent, avec des mers qui se tenaient plusieurs mètres plus haut. Rien, dans le passé récent, ne ressemble autant à une répétition d'un monde chaud.
Ce que montrent les données
Une évaluation probabiliste des données conclut que le niveau marin global de l'intervalle que les spécialistes numérotent MIS 5e se tenait très probablement au moins 6 mètres au-dessus de l'actuel, avec deux chances sur trois de dépasser 8. C'est plus d'eau qu'aucune des deux calottes polaires ne pouvait fournir à elle seule, et c'est pourquoi on étudie l'Eemien de si près : il offre la mesure d'un monde un peu plus chaud que le nôtre. Le même forçage orbital qui a réchauffé l'interglaciaire a renforcé la mousson africaine, et l'une des phases de Sahara vert tombe ici ; ce sont les fenêtres où le désert cesse d'être une barrière pour devenir un couloir entre les tropiques africains et la Méditerranée.
Bornes et conventions
Le chiffre du niveau marin est une probabilité, non une mesure : il vient de la combinaison de nombreux enregistrements locaux, chacun corrigé des mouvements du sol qui le porte. La borne inférieure de six mètres est bien plus assurée qu'aucune valeur plus haute prise isolément.
MIS 5e, le dernier interglaciaire avant le nôtre. Sa borne récente, vers 115 ka, est conventionnelle : le refroidissement fut progressif.
Sources
- Lisiecki, L. E., Raymo, M. E. (2005). A Pliocene-Pleistocene stack of 57 globally distributed benthic δ18O records. Paleoceanography 20, PA1003.
- Kopp, R. E. et al. (2009). Probabilistic assessment of sea level during the last interglacial stage. Nature 462, 863-867.
- Larrasoaña, J. C., Roberts, A. P., Rohling, E. J. (2013). Dynamics of Green Sahara Periods and Their Role in Hominin Evolution. PLoS ONE 8(10), e76514.