ENVIRONNEMENT × PEUPLEMENT
Des couloirs verts à travers le Sahara
il y a ~125 000 ans
Paléolithique · Paléolithique moyen · Eemien
Le Sahara n'a pas toujours été un mur. Pendant des phases chaudes et humides, réglées par les lentes oscillations de l'orbite terrestre, la mousson remontait vers le nord et le désert se remplissait de lacs, de rivières et de deltas intérieurs reliés entre eux. La chimie de chenaux aujourd'hui enfouis montre des eaux venues du sud atteignant la Méditerranée au dernier interglaciaire, vers 125 000 ans, et la géographie animale du désert enregistre plus de traversées par son cœur que par le Nil.
Pourquoi c’est important
Chaque départ humain d'Afrique avait besoin d'une porte, et c'étaient elles. Les couloirs verts du dernier interglaciaire coïncident avec les premiers Homo sapiens du Levant et du fond de l'Arabie ; quand les pluies se sont retirées, la porte s'est refermée derrière eux. Le Sahara respirait, se couvrant de lacs et de troupeaux aux phases humides, se vidant aux phases sèches, et les mouvements humains ont suivi ce souffle.
Datation et incertitude
Les phases vertes se sont répétées, au rythme de l'orbite terrestre ; la date de ~125 000 ans marque l'épisode du dernier interglaciaire, dont les rivières ont démontrablement atteint la Méditerranée et qui coïncide avec les premiers Homo sapiens trouvés hors d'Afrique. Les sédiments au large de la Libye enregistrent d'autres épisodes humides, plus faibles, qui ponctuent le dernier cycle glaciaire.
Sources
- Drake et al. (2011), PNAS · Ancient watercourses and biogeography of the Sahara explain the peopling of the desertdoi:10.1073/pnas.1012231108
- Osborne et al. (2008), PNAS · A humid corridor across the Sahara for the migration of early modern humans out of Africa 120,000 years agodoi:10.1073/pnas.0804472105
- Blanchet et al. (2021), Nature Geoscience · Drivers of river reactivation in North Africa during the last glacial cycledoi:10.1038/s41561-020-00671-3
L’histoire de l’espèce en une journée
14:28:349 h 31 min avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour
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