ENVIRONNEMENT

L'année sans été

1815

Histoire · Époque contemporaine · Holocène · Méghalayen

En avril 1815, le Tambora, sur l'île indonésienne de Sumbawa, produisit la plus grande éruption de l'histoire enregistrée. L'année suivante, l'Europe et l'Amérique du Nord vécurent un été de gelées et de récoltes perdues, la dernière grande crise de subsistance du monde occidental ; la neige et le froid meurtrier atteignirent jusqu'aux rizières de Chine du Sud. Le monde se refroidit d'environ un degré, et l'année de famine porta d'étranges fruits, de Frankenstein, écrit dans cet été genevois sans soleil, à des vagues d'émigration.

Pourquoi c’est important

Tambora est la référence moderne de ce qu'un volcan peut faire à un monde connecté : une seule montagne indonésienne a renchéri le pain à Paris et le riz au Yunnan. Pour la science du climat, c'est l'expérience naturelle contre laquelle on éprouve les modèles, aérosols, mousson défaillante, réponse du cycle du carbone. Et cela se tient à portée de la mémoire vive : la dernière fois que le ciel a annulé une récolte, nos arrière-arrière-grands-parents y étaient.

Datation et incertitude

Le Tambora entre en éruption en avril 1815 ; le fameux été froid est celui de 1816. La modélisation climatique donne un refroidissement mondial proche du degré, des précipitations en baisse et un cycle du carbone visiblement perturbé ; les archives chinoises montrent gel et neige jusqu'aux régions subtropicales. Le fond de l'air était déjà froid, minimum solaire et éruption inconnue de 1809, ce qui a creusé la misère.

Sources

  1. Luterbacher & Pfister (2015), Nature Geoscience · The year without a summerdoi:10.1038/ngeo2404
  2. Gao et al. (2017), Journal of Meteorological Research · Climatic aftermath of the 1815 Tambora eruption in Chinadoi:10.1007/s13351-017-6091-9
  3. Kandlbauer et al. (2013), Journal of Geophysical Research: Atmospheres · Climate and carbon cycle response to the 1815 Tambora volcanic eruptiondoi:10.1002/2013jd019767

L’histoire de l’espèce en une journée

23:59:0257,9 s avant minuit

si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour

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