SOCIÉTÉS × GÉNÉTIQUE
Une atrocité écrite dans l'ADN
XVIe au XIXe siècle
Histoire · Époque moderne · Holocène · Méghalayen
Les registres maritimes comptent 12,5 millions d'Africains déportés de force à travers l'Atlantique entre le XVIe et le XIXe siècle. Les génomes de cinquante mille descendants, lus contre ces registres, reflètent largement les routes documentées ; et là où ils s'en écartent, ils témoignent de ce que les documents taisent : survies inégales, déplacements forcés à l'intérieur des Amériques, et la contribution disproportionnée, contrainte, des femmes africaines aux générations suivantes.
Pourquoi c’est important
La génétique sert ici d'archive à des gens que l'écrit avait réduits à des comptes de cargaison. Des dizaines de millions de vivants peuvent lire la géographie de la traite dans leur propre ascendance, reliée à des régions que les registres ne nommaient que comme des ports. Les corrections publiées de la méthode comptent aussi : mesurer une atrocité exige la même rigueur que toute science, et l'obtient.
Datation et incertitude
La traite transatlantique courut du début des années 1500 aux années 1860, déportant environ 12,5 millions de personnes ; la fiche s'ancre à mi-course. Les inférences génétiques sur les origines régionales et le biais de sexe portent de vraies incertitudes, et les corrections publiées de la plus grande étude font partie des sources de cette fiche.
Sources
- Micheletti et al. (2020), American Journal of Human Genetics · Genetic consequences of the transatlantic slave trade in the Americasdoi:10.1016/j.ajhg.2020.06.012
- Fortes-Lima & Verdu (2021), Human Molecular Genetics · Anthropological genetics perspectives on the transatlantic slave tradedoi:10.1093/hmg/ddaa271
- Pfennig & Lachance (2023), American Journal of Human Genetics · Challenges of accurately estimating sex-biased admixture from X chromosomal and autosomal ancestry proportionsdoi:10.1016/j.ajhg.2022.12.012
L’histoire de l’espèce en une journée
23:58:031 min 57 s avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour
Voir sur la frise