SUBSISTANCE × SANTÉ
La pomme de terre nourrit l'Europe
~1700 de notre ère
Histoire · Époque moderne · Holocène · Méghalayen
Un tubercule andin a conquis les cuisines de l'Ancien Monde lentement, puis décisivement. Là où sols et climat s'y prêtaient, la pomme de terre livrait plus de calories par champ que n'importe quelle céréale. La différence se compte en personnes : selon des estimations prudentes, environ un quart de la croissance démographique et urbaine de l'Ancien Monde entre 1700 et 1900 lui revient. Elle réussissait mieux là où le lait était aussi sur la table, les deux aliments se complétant, moins bien là où le paludisme rongeait le gain.
Pourquoi c’est important
C'est l'échange colombien posé sur une balance : une plante déplacée d'un hémisphère à l'autre a visiblement infléchi la courbe démographique de l'Europe et de l'Asie. Le risque aussi s'est concentré. La famine d'Irlande l'écrivit dans le sang, quand une seule culture portait une nation. L'histoire de l'alimentation et celle de la population sont la même histoire ; la pomme de terre en est l'expérience naturelle la plus propre.
Datation et incertitude
La pomme de terre traverse l'Atlantique au XVIe siècle, mais l'adoption fut lente ; l'ancre marque le point d'où son effet démographique se mesure. En comparant régions propices et impropres à la culture, avant et après l'adoption, on attribue à la pomme de terre environ un quart de la croissance de la population et de l'urbanisation de l'Ancien Monde entre 1700 et 1900.
Sources
- Nunn & Qian (2011), Quarterly Journal of Economics · The potato's contribution to population and urbanization: evidence from a historical experimentdoi:10.1093/qje/qjr009
- Cook (2014), Journal of Development Economics · Potatoes, milk, and the Old World population boomdoi:10.1016/j.jdeveco.2014.04.009
- Malpede & Percoco (2023), Environmental and Resource Economics · Mosquitoes and potatoes: how local climatic conditions impede developmentdoi:10.1007/s10640-023-00818-x
L’histoire de l’espèce en une journée
23:58:301 min 29 s avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour
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