GÉNÉTIQUE

Un cousin disparu prend la parole

2010

Histoire · Époque contemporaine · Holocène · Méghalayen

En 2010, à partir de quelques grammes d'os vieux de 40 000 ans, on assembla un brouillon du génome des Néandertaliens et l'on fit la comparaison qui changea l'histoire : les gens hors d'Afrique partagent plus de variants avec Néandertal que les Africains. Les cousins éteints n'avaient pas simplement disparu ; ils étaient entrés dans la famille. Des travaux ultérieurs en trouvèrent la trace, par migrations de retour, dans toutes les populations étudiées.

Pourquoi c’est important

Une espèce disparue depuis quarante millénaires devint le premier humain éteint lu au niveau de son code, et la lecture dissolvait la frontière du « nous ». Les questions de la paléontologie, qui a rencontré qui, qui descend de qui, devinrent solubles au laboratoire, ouvrant la décennie de l'ADN ancien qui peuple la moitié de cette frise. L'exploit technique, arracher un génome à la contamination et à la décomposition, fut honoré d'un prix Nobel.

Datation et incertitude

Le brouillon du génome néandertalien parut en mai 2010, à partir d'os de trois individus. Son résultat phare, un à quatre pour cent d'ascendance néandertalienne hors d'Afrique, a depuis été affiné, et des migrations de retour en ont même porté des traces dans des populations africaines ; la datation du métissage fait l'objet d'une autre fiche.

Sources

  1. Green et al. (2010), Science · A draft sequence of the Neandertal genomedoi:10.1126/science.1188021
  2. Wall et al. (2013), Genetics · Higher levels of Neanderthal ancestry in East Asians than in Europeansdoi:10.1534/genetics.112.148213
  3. Chen et al. (2020), Cell · Identifying and interpreting apparent Neanderthal ancestry in African individualsdoi:10.1016/j.cell.2020.01.012

L’histoire de l’espèce en une journée

23:59:554,4 s avant minuit

si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour

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