SANTÉ × ENVIRONNEMENT
Deux mondes entrent en collision
1492
Histoire · Moyen Âge · Holocène · Méghalayen
Après 1492, les hémisphères échangèrent tout : maïs, pomme de terre et manioc vers l'est ; blé, chevaux, bovins et surtout maladies vers l'ouest. Les épidémies de l'Ancien Monde tuèrent de l'ordre de quatre-vingt-dix pour cent des Amérindiens en un siècle, des dizaines de millions de personnes ; tant de terres cultivées retournèrent en forêt que le dioxyde de carbone atmosphérique baissa de façon mesurable : une catastrophe humaine lisible dans la glace antarctique.
Pourquoi c’est important
C'est la catastrophe démographique la plus brutale du registre de notre espèce, et l'origine de la carte alimentaire du monde moderne : nulle tomate italienne, nul piment indien, nulle pomme de terre irlandaise avant elle. Les retrouvailles de populations séparées depuis la glaciation furent, épidémiologiquement, un massacre à sens unique, l'immunité ayant été écrite par dix millénaires d'élevage. Sa signature dans l'atmosphère de la planète est candidate au marqueur d'entrée de l'Anthropocène.
Datation et incertitude
La date est calendaire ; les conséquences se sont déroulées sur des siècles. L'ampleur de l'hécatombe américaine repose sur des estimations contestées de population précolombienne, environ 60 millions dans une synthèse récente aux larges marges, et les études régionales montrent des pertes arrivant des décennies, parfois un siècle, après le premier contact.
Sources
- Koch et al. (2019), Quaternary Science Reviews · Earth system impacts of the European arrival and Great Dying in the Americas after 1492doi:10.1016/j.quascirev.2018.12.004
- Nunn & Qian (2010), Journal of Economic Perspectives · The Columbian Exchange: a history of disease, food, and ideasdoi:10.1257/jep.24.2.163
- Liebmann et al. (2016), PNAS · Native American depopulation, reforestation, and fire regimes in the Southwest United States, 1492-1900 CEdoi:10.1073/pnas.1521744113
L’histoire de l’espèce en une journée
23:57:332 min 26 s avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour
Voir sur la frise