SOCIÉTÉS × SUBSISTANCE
Des lits d'herbe sur la cendre
il y a ~200 000 ans
Paléolithique · Paléolithique moyen · MIS 7
Au fond de Border Cave, dans les monts Lebombo, en Afrique du Sud, on étalait il y a au moins 200 000 ans des gerbes d'herbe à larges feuilles sur des lits de cendre : une litière, pour dormir et pour travailler. La cendre dessous était souvent le reste d'anciennes litières, brûlées sur place pour garder le camp propre, et peut-être aussi, avancent les découvreurs, pour décourager les insectes rampants. L'habitude a duré : la grotte enregistre des lits faits, usés, brûlés et refaits pendant plus de 150 000 ans.
Pourquoi c’est important
Un lit n'est ni une pointe ni une perle ; il ne se fossilise presque jamais, et c'est pourquoi l'histoire profonde du confort est presque blanche. Border Cave y pose une scène domestique : des sols rafraîchis par le feu, une place donnée au sommeil. Et il y a 77 000 ans, à Sibudu, la litière de laîches se couvrait de feuilles aromatiques dont la chimie tue les larves d'insectes : le savoir des plantes mis au service du foyer.
Datation et incertitude
La date est un plancher, pas un point : la litière la plus ancienne repose dans des couches d'au moins 200 000 ans, et on faisait encore des lits dans la grotte plus de 150 000 ans après. Les reconnaître a demandé le microscope : ce qui survit n'est pas l'herbe mais ses squelettes de silice et des traces compactées, parfois brûlées.
Sources
- Wadley et al. (2020), Science · Fire and grass-bedding construction 200 thousand years ago at Border Cave, South Africadoi:10.1126/science.abc7239
- Wadley et al. (2011), Science · Middle Stone Age bedding construction and settlement patterns at Sibudu, South Africadoi:10.1126/science.1213317
- Morrissey et al. (2026), Journal of Archaeological Science · New microscale insights into plant-based bedding construction and maintenance between 200 000 and 43 000 years ago at Border Cave, South Africadoi:10.1016/j.jas.2026.106592
L’histoire de l’espèce en une journée
08:45:4215 h 14 min avant minuit
si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour
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