SANTÉ × GÉNÉTIQUE

Aux sources de la peste noire

1346

Histoire · Moyen Âge · Holocène · Méghalayen

La peste noire a tué peut-être la moitié de l'Europe entre 1346 et 1353, et son origine resta des siècles un blanc sur la carte. L'ADN ancien vient de le remplir : des victimes enterrées en 1338 et 1339 près du lac Issyk-Koul, dans l'actuel Kirghizistan, sous des pierres nommant la « pestilence », portaient la souche de Yersinia pestis ancestrale de la pandémie, cousine la plus proche de bactéries qui vivent encore dans les colonies de marmottes locales. De ce foyer, le germe est entré une fois en Europe, puis des vagues ont reflué vers l'est semer les pandémies de l'ère moderne.

Pourquoi c’est important

C'est le grand dossier froid de la médecine refermé après sept siècles : une pandémie remontée jusqu'à une décennie, une vallée et un réservoir sauvage. La trouvaille déplace aussi la géographie morale du récit : le tueur n'a pas été enfanté par des villes sales, il a débordé de montagnes où il vit toujours. Chaque chapitre ultérieur, de la quarantaine à la surveillance moderne des réservoirs animaux, descend de ce que ce germe a enseigné.

Datation et incertitude

L'arrivée de la pandémie en Méditerranée en 1346-1347 est documentée par l'histoire. Ce que la génétique a ajouté, c'est l'amont : des cimetières au bord du lac Issyk-Koul, au Kirghizistan, aux stèles de 1338 et 1339 nommant la « pestilence », abritaient une souche de Yersinia pestis assise au nœud ancestral de la grande diversification de la pandémie, et ses plus proches parentes sauvages vivent dans les réservoirs à marmottes du Tian Shan voisin.

Sources

  1. Spyrou et al. (2022), Nature · The source of the Black Death in fourteenth-century central Eurasiadoi:10.1038/s41586-022-04800-3
  2. Spyrou et al. (2016), Cell Host & Microbe · Historical Y. pestis genomes reveal the European Black Death as the source of ancient and modern plague pandemicsdoi:10.1016/j.chom.2016.05.012
  3. Spyrou et al. (2019), Nature Communications · Phylogeography of the second plague pandemic revealed through analysis of historical Yersinia pestis genomesdoi:10.1038/s41467-019-12154-0

L’histoire de l’espèce en une journée

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si les 315 000 ans d’Homo sapiens étaient ramenés à un seul jour

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